Réaction | Votation populaire du 9 février 2020

Qui mérite encore la discrimination, le dénigrement et la haine ?

La nouvelle norme pénale criminalisant la discrimination et l’incitation à la haine, acceptée en votation populaire le 9 février 2020, est muette sur la répression de tels actes visant les personnes handicapées. Et ceci, bien que ce groupe composite soit incontestablement victime de diverses discriminations, ne serait-ce que dans l’accès à un emploi équitablement rémunéré.

Il est bien dommage que les concepteurs et les commentateurs du nouvel article 261bis CP, soumis à des sympathies aléatoires, défilant sous des bannières rassembleuses, se ralliant aux cris des plus puissants ne se soient pas souvenu, au moment de craindre la défaite et de chanter la victoire, que nos ancêtres les nazis avaient rabaissé, dénigré et éliminé le handicap, l’art et la littérature avant de s’en prendre aux opinions, à l’orientation sexuelle, à la race et à la religion.

Ne serait-il donc pas temps de penser l’altérité au-delà de nos préférences immédiates, chaque fois singulières ?