Film | Sortie du film “Benni”

Benni a neuf ans. Négligée par sa mère, elle est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu’elle n’arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, elle n’aspire pourtant qu’à être protégée et à retrouver l’amour maternel qui lui manque tant. Son assistante sociale et Micha, un éducateur, tenteront tout pour calmer ses blessures et l’aider à trouver une place dans le monde.

En compétition à la Berlinale 2019, ce film de Nora Fingscheidt raconte avec une grande force l’histoire d’une enfant affectée par des crises de colères majeures ainsi que la frustration du personnel encadrant dans un système d’aide à l’enfance sans solution adaptée. Cette magnifique première œuvre est portée par le jeu tout en nuance de la jeune actrice Helena Zengel.

Date de sortie en Suisse romande : 16.03.2020
Date de sortie en Suisse alémanique : 03.10.2019

Plädoyer | L’arrêt du TF le plus désolant de 2019

Chaque année la revue juridique Plädoyer attribue une palme à l’arrêt du Tribunal fédéral le plus désolant de l’année. Pour 2019 le choix du jury, trois professeurs de droit, s’est porté sur un arrêt de la Cour pénale justifiant une mesure ambulatoire même en l’absence d’un trouble psychique figurant dans les classifications diagnostiques. D’après le jury, ordonner un traitement ou un internement à des conditions aussi imprécises ouvre des possibilités quasi illimitées pour pathologiser la criminalité. De plus, le Tribunal fédéral outrepasse ses compétences lorsqu’il statue sur des questions médicales.

6B_933/2018 (en allemand, destiné à publication)

 

Réaction | Votation populaire du 9 février 2020

Qui mérite encore la discrimination, le dénigrement et la haine ?

La nouvelle norme pénale criminalisant la discrimination et l’incitation à la haine, acceptée en votation populaire le 9 février 2020, est muette sur la répression de tels actes visant les personnes handicapées. Et ceci, bien que ce groupe composite soit incontestablement victime de diverses discriminations, ne serait-ce que dans l’accès à un emploi équitablement rémunéré.

Il est bien dommage que les concepteurs et les commentateurs du nouvel article 261bis CP, soumis à des sympathies aléatoires, défilant sous des bannières rassembleuses, se ralliant aux cris des plus puissants ne se soient pas souvenu, au moment de craindre la défaite et de chanter la victoire, que nos ancêtres les nazis avaient rabaissé, dénigré et éliminé le handicap, l’art et la littérature avant de s’en prendre aux opinions, à l’orientation sexuelle, à la race et à la religion.

Ne serait-il donc pas temps de penser l’altérité au-delà de nos préférences immédiates, chaque fois singulières ?

Collège de rétablissement | Programme pour les mois de février et mars 2020

LE CORPS ET L’ESPRIT AU TOP AVEC LA MINDFULNESS

Une participation aux 3 cours est encouragée – local du Tilleul radieux, 21 avenue des Tilleuls – 1205 Genève Mercredi 19 février de 14h30 à 17h00 Mercredi 26 février de 14h30 à 17h00 Mercredi 4 mars de 14h30 à 17h00 Une formation de 3 cours pour prendre soin de son corps et de son esprit. Des mouvements qui font du bien, des pratiques de méditation simples et amusantes, des temps de partage pour profiter de l’expérience des un(e)s et des autres…. Tout cela permet de bien se sentir, avec une plus grande clarté et une plus grande stabilité.

INITIATION AU YOGA DU RIRE

Lundi 24 février de 16h15 à 17h30 – Chemin du 23 Août, 3 (1er étage) – éco quartier de la Jonction – arrêt Palladium Lundi 30 mars de 16h15 à 17h30 – Association Parole – 1 rue du Vieux-Billard à Genève Nous nous ouvrons ensemble à la possibilité de rire sans raisons, juste pour le plaisir, comme les enfants qui n’ont pas besoin d’une blague ou d’une situation comique pour s’amuser… avec des effets de détente et de bien-être saisissants!

LE RETABLISSEMENT : KEZAKO ?

Jeudi 5 mars de 16h à 18h30 – Association Parole – 1 rue du Vieux-Billard à Genève Durant ce cours de 2 hrs 30, nous vous proposerons un petit voyage à la découverte du rétablissement : qu’est-ce que c’est? D’où ça vient? Pour qui? Pour quoi? Qu’est-ce que cela apporte?

AUTOUR DE LA STIGMATISATION

Jeudi 12 mars de 16h à 18h00 – Association Parole – 1 rue du Vieux-Billard à Genève Stigmatisation, autostigmatisation, déstigmatisation : comprendre les mécanismes de la stigmatisation pour mieux pouvoir les déjouer.

L’EXERCICE PHYSIQUE EST BON POUR LE MORAL

Vendredi 20 mars de 16h30 à 18h30 – Chemin du 23 Août, 3 (1er étage) – éco quartier de la Jonction – arrêt Palladium Cet atelier de 2 heures unit théorie, expérimentation et discussion : il permet d’abord de s’informer sur les bienfaits de l’exercice physique et d’expérimenter une activité ludique. Vous allez ensuite découvrir l’offre d’activités adaptées et abordables correspondant à vos besoins, envies et compétences que vous aurez préalablement ciblées.

ATELIER DE PHILOSOPHIE PRATIQUE

Mercredi 25 mars de 16h à 18h15 – Association Parole – 1 rue du Vieux-Billard à Genève Qu’est-ce qu’une crise? Que dit la philosophie des moments de crise? Peut-on donner des conseils sur comment sortir des crises? Est-il même sage de chercher à éviter des crises ? Ou de chercher à y entrer avec un plan de gestion, voire de management? Et si la crise était le signe d’une vie pleinement vécue? La crise est peut-être un passage obligé, l’épisode de vie nécessaire pour faire d’un personnage quelconque le héros d’une histoire unique…

Plädoyer | Assurance invalidité dans le canton de Lucerne

La revue Plädoyer 6/19 recense arrêt intéressant du Tribunal cantonal de Lucerne dans le domaine de l’assurance invalidité. Selon cette jurisprudence la capacité de travailler à domicile pour des activités de bureau ne peut pas servir de base pour déterminer le droit à une rente de l’assurance-invalidité ; une telle activité ne saurait être exigée d’un-e assuré-e au titre de l’obligation de réduire le dommage ; elle ne peut pas non plus être utilisée pour déterminer un revenu hypothétique, car ces emplois sont encore extrêmement rares sur le marché suisse du travail.

Arrêt 5V 18 101 du 14.6.2019

Violences à Belle-Idée : réaction de Pro Mente Sana

Réponse (non-publiée par la Tribune de Genève) à l’article d’Aurélie Toninato “Fronde contre les sous-effectifs aux HUG”  (édition du mercredi 27 novembre 2019).

On apprend à l’occasion d’une pétition demandant 500 postes de plus aux HUG que trois soignants ont été agressés à Belle-Idée, l’hôpital psychiatrique du canton de Genève. Les circonstances d’une de ces agressions nous sont relatées : un patient en crise qui refusait de prendre son traitement a frappé un soignant et il a fallu six personnes pour le maîtriser. La réponse de l’hôpital à cette inadmissible violence se veut aussi rassurante pour les soignants qu’inquiétante pour les patients : les HUG renforcent les équipes de sécurité, dotent le personnel exposé d’un système d’alerte et appuient les soignants qui veulent déposer plainte.

La réponse sécuritaire de l’hôpital, envisageant le patient comme un délinquant potentiellement dangereux à contrôler puis à punir, laisse croire que toute pression exercée sur ce dernier pour qu’il avale la pilule serait nécessairement légitime et conforme aux droits fondamentaux des usagers de l’hôpital.  Or tel n’est pas le cas. La Convention sur les droits des personnes handicapées (CDPH) exige que la volonté et les préférences d’une personne incapable de discernement soient respectés ; la Convention pour la protection des droits de l’homme et la biomédecine (CDBH) n’admet, en cas d’urgence lorsque le consentement ne peut pas être recueilli, qu’une intervention médicalement indispensable, sans légitimer l’usage de la force par du personnel non médical. De même notre code civil n’autorise le traitement forcé d’une personne placée à des fins d’assistance qu’à des conditions très restrictives. Il s’ensuit que, dans un État de droit, l’exercice de la force contre un patient en crise est une atteinte à sa liberté personnelle avant d’être un problème de sécurité.

Enfin le dépôt d’une plainte pénale contre une personne incapable de discernement au moment des faits, que les HUG encouragent, peut avoir pour conséquence de la soumettre à un traitement ambulatoire forcé de droit pénal sur une durée aussi longue qu’indéterminable. Et la punition de se substituer à l’alliance thérapeutique …

L’article laisse entendre, et c’est regrettable, que la présence de gardiens, matons et autre Sécuritas serait légitime dans un hôpital dont la mission est d’accueillir des personnes que seule leur détresse et le mur d’incommunicabilité qu’il érige autour d’elles entraînent à des réactions extrêmes.

 

Mme Shirin Hatam

Juriste, titulaire du brevet d’avocat

 

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